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16 nov. 2015

L'oiseau Fidèle.....

Un oiseau dans sa cage
M'a conté son triste esclavage
Un oiseau dans sa cage
M'a chanté cette chanson

Depuis bien longtemps
Je me lamente
Et pourtant
Cette méchante
Me garde en prison

Plaignez l'oiseau fidèle
Toujours dans sa cage
Plaignez l'oiseau fidèle
Tout seul dans sa prison

(L’oiseau Fidèle / Georges Guétary)

Connaissez-vous cette chanson ?   Elle date de mon enfance. Chaque été, je passais mes vacances à la campagne, chez mon grand-père, et surtout avec ma grand-mère, qui demandait à ma mère si je pouvais lui tenir compagnie.  Je pourrais écrire un long carnet sur mes vacances chez mes grands parents.  Passer une bonne partie de mon été chez eux était pour moi une grande joie.  J’aimais bien être toute seule avec ma grand-mère.  En fait, j’aimais bien être toute seule, point.

Le salon était une pièce spéciale.  La porte était toujours barrée avec une targette assez haute pour qu’aucun enfant n’y ait accès.   Elle s’ouvrait que pour les fêtes ou lors de visite importante comme par exemple,  celle de « monsieur le curé ».  Mon grand-père me permettait d’y entrer en toute occasion, je n’avais qu’à lui demander et autant de fois que je le souhaitais.  Mes grands parents devaient certes s’amuser de m’entendre, parce que j’y allais pour une raison aussi spéciale que la pièce.  Je voulais chanter.  Je m’y appliquais comme si je me donnais en spectacle.  Il y avait un gramophone et des disques 33 tours.  Il y avais celui de Doris Day dans mes choix mais mon préféré était celui de Georges Guétary, et ma chanson favorite était celle-là :   L’Oiseau Fidèle.   Je m’en rappelle encore.  Et de mes étés, et de la scène dans le salon et de la chanson.  

Et ce matin, après avoir fait ma nouvelle activité, prendre ma marche dans les jardins du Grand Hôtel, l’Oiseau fidèle m’est revenu en tête.  Assignée à résidence depuis 5 semaines, ne suis-je pas un oiseau en cage à Niamey ?  Contrairement à Georges, je ne chante pas mon triste esclavage ni ne me lamente et ne me plaignez surtout pas. Je suis bien dans ma prison. 

La vie et un long fleuve Niger tranquille depuis 5 semaines. 

J’ai lu 6 romans. J’ai fait mes 6 tours de piscine tous les matins.  Je suis allé manger au très chic et beau restaurant italien Le Pilier.  En fait, j’ai tout fait, chaque jour, pour ne pas que l’ennui me tienne compagnie.  J’ai réussi.  Il me reste 6 jours encore, et je ne dis pas « Enfin ! ».  Au contraire, j’attends le prochain séjour.  En janvier, si la tendance se maintient. 

C’est mon dernier chapitre.  

J’ai relu mes carnets, et je vois bien que je n’ai rien de bien trépidant à raconter.  Je farfouille dans les petits riens pour tenter de me faire intéressante et je ne suis pas certaine d’avoir réussi.  Je ne vais pas encore décrire mes sorties au supermarché Hadad avec « mon ami Moussa ».  Même si, grande nouvelle,  Hadad a augmenté sa superficie.  Il y a de nouveaux rayons.  Ce qui me permet d’y passer un peu plus de temps.  Et ça ne me coûte pas plus cher de taxi, puisque Moussa et moi…on est ensemble.  Il m’a dit « Avec Suzanne pas de discussions ».  Il dit que je suis « trop gentille et qu'il n'y en a pas deux comme moi» il dit même « que tout le monde à l’hôtel dit que madame Suzanne elle est trop gentille ». 

Je l’ai dans ma poche mon vieux grognon.  C’est mon chauffeur de taxi favori.  Il m’a offert d’aller voir les Girafes au Park je ne sais lequel.  C’est à 60km d’ici.  « Pour Suzanne, Girafes à petit prix » qu’il ma dit.  L’oiseau fidèle aimerait tellement y aller « en brousse ».  Bien malheureusement, mon cher Moussa, je ne peux pas sortir de ma cage.  Et je lui expliqué à propos des assurances, de notre voisin Boko, de l’insécurité, etc. etc.   On verra en janvier ?

J’imite tellement bien le « froooonçais » que le Barman m’a dit l’autre matan, alors qu’il venait me porter mon Youki soda water + citron, à mon « spot » habituel de la piscine, à l’ombre du palmier :  « Vous êtes canadienne ?  Mais madame Suzanne, vous ne parlez pas Canadien ! » Ce n'est pas la première fois qu'on me dit ça.   Semble-t-il que mon français est « très bon ».  Il croyait que j’étais une froooonçaise.  Je lui ai dis que c’était par déformation professionnelle, vu le nombre d’année que je bourlingue en Afrique.  Et que si je parlais canadien, ça sonnerait comme du chinois à ses oreilles. 

La table des V.I.P.

C’est ainsi que mon tout charmant Ibrahim appelle la table du « Grand Boss » (le surnom qu’il donne à A.).  Tous les soirs il met une nappe rouge.  Les autres en ont une bleue.  Et il met une carte « Réservé » sur la table.

Au séjour précédent, c’est lui qui s’occupait de la table V.I.P. du Grand Boss et durant les 3 semaines que nous avons mangé ici.  À notre arrivée, en octobre dernier, déception pour nous,  il était en congé pour 3 semaines encore.  Ce qui a fait le bonheur des autres Serveurs va sans dire.  Hussein d’abord et Abdoulaye l’a « détrôné » ensuite.  Faut avouer que le pourboire que donne A. est très alléchant.  On se disputait la table du Grand Boss,  Yaye le Barman compris. Tellement qu’ils nous avaient pris en otage.  Malgré le retour d’Ibrahim, ils continuaient à réserver « leur » table.  C’était gênant pour nous de dire:   On déménage chez Ibrahim !   Évidemment, ça n’a pas été bien long,  « Il y a eu dispute et discussion ! » que m’a dit Ibrahim.   

Et qui a gagné ?  Vous voyez les V.I.P. assis à la table 30 depuis déjà 8 jours.  Et Ibrahim il est content.  Pi nous avec.  On l’aime Ibrahim.  C’est lui qui a gagné le concours du « Meilleur Serveur » et aussi « Meilleur vendeur » du Grand Hôtel.  Il est « très classe » mon Ibrahim. Il vient me saluer sous mon palmier tous les matins. 

Perso, je le gâte à souhait.  Je lui ai apporté plein de petites bricoles pour sa moto par exemple.  Je lui ai aussi donné une montre rouge, comme celle de mon cher Gaétan du Méridien.  Mieux encore, je lui ai aussi donné une jaune en plus.  Ce sont des « chinoiseries » les montres, mais elles sont remarquables.  Elles ne passent pas inaperçues.

Je pense que je vais terminer ici mon carnet de voyage « Niamey octobre-novembre 2015 ».   

À moins qu’un événement super spécial arrive d’ici le 18 novembre. 


15 novembre 2015

Pour un événement spécial, ça en est TOUT UN. 

On a passé une partie de la journée « scotché » devant la télé.  L’horreur! L'infâme!  La Barbarie !  était au programme avec des CRÉTINS comme acteurs.  Je vais taire mon opinion.  Mais ça bourdonne dans ma tête.  Mes mots ne sont pas beaux à écrire.  Pour éviter de dire des bêtises je vais faire un « chapitre silence » en hommage à tous ces pauvres innocents québécois morts certes pas parce que « Dieu est grand » mais POUR RIEN ! 

Nous quittons mardi à minuit. 

3 nov. 2015

Mardi 3 novembre 2015

Les « Canadiens errants »* au SAFEM

*Petit Hassan, « mon assistant » à chaque fois qu’il nous voit, nous dit « Les canadiens errants ». 

Quand j’ai du temps libre, Je regarde les nouvelles sur France 24.  On ne parle que de EUX, tsé?  les fouteurs de trouble de la planète?  Je dois avouer qu’à force de voir les horreurs qui se passent en ce moment autour « de chez-nous », disons que ce n’est pas une dame rassurée qui sort de son cloître pour aller au SAFEM.  J’avoue que j’ai vraiment la trouille.  Je n’oublie pas ce que Issa nous avait dit, au Méridien :   - On ne peut même plus faire confiance à son voisin !   Vous imaginez deux canadiens errants dans un Stade maintenant ?  Et dernièrement, deux femmes se sont fait "sauter".  J’ai la chance de voir autre chose que « mon territoire » actuel, alors je la force la chance ! 

Z. a d’abord acheté les 3 billets, 200 francs chacun.  Ensuite il a demandé à un des  Soldats armés de leur kalachnikov qui font "barrière" en plus de la réelle barrière à porte d’entrée,  si on pouvait passer tout de suite.  – Il faut faire la file!  C’est un peu rassurant de voir l’Armée à l’entrée  et ça ne l’est pas en même temps.  C’est signe qu’il y a danger non ?  

Il fait extrêmement chaud et on est collé-serré dans la longue file surpeuplée.  Z. est obligé de me prendre la main, sinon je vais me faire écraser ou encore faire du surplace tellement on se fait bousculer, pousser, tasser.  Je vois des jeunes filles m’examiner de la tête aux pieds.  Malgré le bronzage acquis depuis deux semaines,  je suis LA seule blanche dans la foule.

J’avoue qu’il ne faut pas être agoraphobe pour faire cette file.  A. est derrière moi il suit tout près.  Je dois maintenant m’agripper après la chemise de Z. parce qu’il doit tasser tout ce monde qui s’agglutine autour de nous.  Forcément, il a besoin de ses deux bras.  À un moment donné, A. me dit qu’il sent un homme le collé un peu trop près.  Effectivement, je le vois il est quasiment sur ses épaules.  Mais le pauvre, il n’aura pas ce qu’il convoite, si il en a l’intention, A. n’a rien dans sa poche.  C’est moi qui ai tout dans mon très chic petit sac « Barbara Rhill » payé à grand frais sur les aides d'Air France.    Et il a mis son iPhone dans le fond de sa poche avant. 

Est-ce que j’ai déjà dit dans ce blogue qu’il fait chaud à Niamey ?  Je le répète encore ;   Il fait extrêmement chaud à Niamey.  Ce matin particulièrement, dans le « line up » ou nous sommes entassés les uns sur les autres, c’est étouffant.  La visite n’est pas commencée que nous sommes déjà tout en sueur.  Ça y est, c’est à notre tour.

 Avant de franchir la barrière, une Soldate me passe le « scanner ».  Mais il y a que moi et Z. qui avons réussi à passer.  Un Soldat a bloqué le passage juste après moi.  – C’est fini !  A-t-il crié en arrêtant le flux de son bras.   Et André est « enfoui » dans le tas en arrière.  Il ne me suivait plus, plusieurs l’avaient dépassé.  Il devait quand même voir que LE seul blanc à part moi c’est lui et qu'on risque d'être ensemble?  Je dis donc, je devrais dire je crie donc au Soldat  - il faut laisser passer mon mari avec moi quand même !   

Ils me rassurent que par leur présence, les Soldats.  Pas par leur amabilité et gentillesse. Comme on dit dans "la langue de chez-nous" ils ont tous une "face'de'beu"!  Mais il a laissé passé mon André.

Il est environs 10 heures, on commence la visite.  Nous circulons, de kiosque en kiosque tous plus colorés les uns des autres.  Je m’arrête, je discute avec les exposantes.  J’adore circuler dans les bazars africains.  Je ne vais pas énumérer tout les kiosques où j’ai fait un arrêt, ni toutes les discussions qu’il y a eu, ni tout ce que j’ai acheté, mais je dois dire que Z. semble très surpris de me voir si à l’aise dans tout ce bazar.  Il ne sait pas que madame, de par son grand âge, en a fait et refait das « bazars » et des « souks ».  Même que le voilà encore plus surpris :   a un kiosque du Mali, Z. dit  (je vais écrire au son ce qui se dit)  
- A ni soho’ma !  C’est le « Bonjour »  du Mali.  Alors vous voyez l’ex « Fatimata Koulybali » (ainsi qu’on m’appelait à Nioro du Sahel) continuer la conversation :

-       I ka kene ? (comment ça va ?)
-       So moho be di ? (comment va la famille ?) 
-   Mbaaaaa  ( bien).

Voyant les sourcils du malien en accent circonflexe, trop surpris de voir "la blanche" parler le Bambara.  Je lui raconte qu’il y a des années, je résidais à Nioro du Sahel et que j’apprenais la langue Bambara.  En fait, il n’y a pas que Z. et A. et le malien qui sont surpris, je me surprends moi-même de me rappeler cette litanie de salutations.  Faut dire que je l’ai répété durant + de 24 mois.  Il y a de quoi ne pas l’oublier.

Bon, on revient au SAFEM ?

J’apprécie Z. de plus en plus.  Lorsque je veux faire des achats, avec « la couleur de ma peau » indéniablement  on l’associe à « l’épaisseur de mon portefeuille » et on veut le vider d’un coup.   Z.  se fait volontiers mon avocat.  Et je paye moins cher.  Comme au kiosque du Burkina Faso par exemple.  Un très joli éléphant fait avec des mini calebasses me coûtait au départ 12 000 francs.  J’ai négocié jusqu’à 5 500.  « Objection votre honneur »  mon tout charmant Z. lui dit  - non c’est trop, il faut lui faire à 4 000 !    - Mbaaaaa ! (Merci)

Un seul kiosque nous donne du fil à retordre, celui des paniers en paille, et du « village de Z. » en plus.   Ni moi ni mon avocat n’avons réussi à négocier un petit panier à moins de 2500 francs (5,70$).  Il valait même pas 500 francs, mais bon.  J’avais le panier dans ma main, nous avions négocié, il fallait « nous encourager quand même » qu’a dit la nigérienne à Z.  On ne m’y reprendra plus.  Je ne touche pas avant de négocier.  C’est juste si je vais « zieuter » l’objet convoité.  Tiens, comme ce superbe foulard qu’un marocain a tissé de son volumineux métier à tisser.  Il est à en faire un autre.  Je ne le touche pas, mais je suis tombé en amour dès que je l’ai vu. Je le veux !   La négociation est longue, je vais juste vous dire que de 18 000 francs j’ai payé 5 000 francs et sans l’aide de mon avocat.

Nous sommes « dedans » le Palais, et à l’entrée c’est la place du Maroc.  Semble-t-il que c’est le Maroc qui finance le SAFEM.  Il y a un orchestre de musiciens marocains qui  agrémente la visite.  Avant de sortir, nous voyons qu’il y a un arabe qui, pour 1000 francs,  calligraphie notre prénom en arabe.  J’écris Suzanne sur un bout de papier et c’est vraiment très beau mon prénom calligraphié ainsi.  Et j'en offre et paye à mon tout charmant avocat ceux de ces 3 enfants.

Voilà.  C’est la fin, il est 11 h 30, Z. doit rentrer. « C’est le weekend, je dois voir les enfants ».   La chance était avec nous, nous rentrons au cloître avec tout nos morceaux + mes quelques achats !  

TOUR DE NIAMEY

Je n’ai pas tout dit.  Avant d’aller au SAFEM on a été obligé d’attendre un peu.  Z. est venu nous chercher à 9 heures pile.  Il est à l’heure Z.  Lorsque nous sommes arrivés sur place, ce n’était pas l’heure encore.  Les exposants s’affairaient à l’installation de leurs kiosques.  – Qu’est-ce qu’on fait ?  On attend ?  On fait un tour ?   Je suis ravi de cette question.  J’aimerais bien faire un tour de Niamey.  Voir autre chose que la rue que je fais pour aller à mes supermarchés Hadad ou Marina.  Comme par exemple,  j’aimerais juste traverser le pont, celui que je vois de ma terrasse, j’aimerais bien passer dessus.  Dire que « je suis passer par-dessus le fleuve Niger » quoi !  C’est fait.  J’ai passé par-dessus le fleuve.  Mieux encore, passer sur le vieux et le neuf en plus.  Grande sortie que celle de ce matin.  Comme quoi aussi on fait son « petit bonheur » avec ce que on a.  On a rien ?  On est content de passer par-dessus un pont. Ah yaille yaille!

Z. nous dit que la source du fleuve Niger est dans le Fouta Djallon, en Guinée-Conakry   J’ai déjà habité au Fouta Djallon.  On surnommait notre villa de Mamou  « La Maison Blanche de Péthel ».  Tout était blanc :   l’intérieur + l’extérieur + les 2 occupants.  Je fais brièvement un « retour » à Mamou dans mes pensées.    

Depuis que je viens ici, de mon poste d’observation, à voir le nombre de voitures qui traversent ledit pont, je me dis que de l'autre côté ça doit être bien intéressant.   Qui sait?  Peut-être y a-t-il un « centre-ville ».   Avec des magasins ?  Des boutiques de chaussures par exemple ?  Hé bien non, il n’y en a pas.  Rien. Niet. Nada !  Il y a l'Université de Niamey et encore ici, comme sur "ma rue" des boutiques en "tôles" des "bouis-bouis" qui n'intéressent pas la passagère de la Toyota.  

Je constate donc que ça ne me servirait à rien de séduire Moussa pour que je puisse aller « magasiner ».  Je suis confinée à aller encore et encore au Supermarché Hadad ou Marina.  Et être confiné à résidence pour le reste du séjour.  

MOUSSA

Je l’ai dans ma poche le Moussa.  Il vient me dire bonjour tous les matins, avant que je rentre dans la salle à manger.  Je sors de l’hôtel et j’entends tout le temps  «  Suzaaaaanne ! »  C’est Moussa qui me salut.  Ce matin, il me dit qu’on pourrait aller au « Marché des boubous » ?   Je lui dis que je ne peux pas sortir toute seule. 


Par moment, ça me désole quand même d'être assignée à résidence et n'avoir droit qu'à une sortie de temps en temps.    Du haut de mon "perchoir" (La Terrasse du Grand Hôtel) je vois à l'horizon que le désert est tout près.  Moussa me l'a dit que de l'autre bord du pont, là où je vois la colline, c'est le désert après.    Niamey n'est-il pas un Oasis dans ce désert?  Je suis comme Saint-Exupéry, j'aime le désert.  Il écrivait:  "J'ai toujours aimé le désert.  On s'assoit sur une dune de sable, on ne voit rien, on entend rien et cependant quelque chose rayonne en silence"  Je vais me contenter de m'asseoir sur ma chaise de la Terrasse, je vois la colline, je vois le désert, j'entends les oiseaux et cependant quelque chose rayonne en silence!  Je suis sereine et très bien.  J'entame ma 4e semaine de retraite fermée. 

L’autre jour, avec Diallo, je lui dit que j'aimerais acheter un « arrosoir » modulé comme une bouilloire, en plastique et très coloré, qu'on vends à la tonne dans les bouis-bouis de ma rue.   Ici on s’en sert avant la prière, pour se laver les pieds, les mains.  Pour moi, ça serait original et parfait pour arroser mes plantes du balcon.  Diallo me dit qu’il va y aller à ma place.  – Tu ne peux pas, on va te bouffer !   Je lui ai donner les 1000 francs et il m’en a acheter une. 

Le Riz de Niamey

Je ne suis pas juste passé par-dessus le pont.  J’ai appris « du neuf ».  Depuis le début, lorsque je mange du riz,  je me dis qu’il est savoureux.  Il a un goût bien spécial.  Je dirais même plus, je mange le restant que A. ne mange pas.  Dans mes moments de contemplations du matin, je vois sur les îlots du fleuve, entre les deux rives, des nigériens s’affairés dans ce qui me semble un « champ d’herbes vertes ».  On dirait une rizière ?  Je ne me suis pas trompée.  Je l’ai demandé à Zach.... quand on a passé par-dessus le vieux pont et en effet, le très bon riz que nous mangeons ne vient pas de Chine, Inde ou Pakistan mais bel et bien de ma ville, Niamey, de mon pays le Niger.  Et c’est le meilleur que j’ai mangé à date. Et le cuisinier met du beurre dedans.  Savoureux j'vous dis pas!




27 oct. 2015

Semaine 2 de rayée au calendrier de Madame L.


Lundi 26 octobre 2015. 

Ça fait deux jours que je suis abandonnée à Niamey.   Il n’y a pas la connexion internet.  Déjà que je suis coupée de Niamey me voilà coupée du monde ! Mais qu’est-ce qu’on faisait, avant, quand on avait pas d’ordinateur et internet ?  Personnellement, j’écrivais.  Je me rappelle les tonnes de lettres postées à ma mère.  Entre autres du Mali, des Commores.  Bien malheureusement, lorsque mon père a vendu la maison, ma sœur a jeté la boîte qui les contenait et que ma mère avait gardée au grenier.  Ça m’attriste énormément quand j’y pense.  Elle contenait toutes ma vie africaine de 1981 à 1998.  Mais bon, c’est irrécupérable alors revenons à 2015. 

Semaine 2 rayée au calendrier de Madame L.

Franchement, malgré le fait d’être en retraite fermée à l’hôtel, je n’ai pas vu le temps passer.  Déjà 2 semaines de rayées sur mon calendrier.  Et qu’as-tu fait?  Eeeeuuuuuu, j’ai fait comme je le fais depuis deux semaines ;  flemmarder sur le bord du fleuve Niger.  J’ai lu un autre roman et oh surprise je suis sortie 2 fois.  Commençons par ma lecture ?

Chronique littéraire 2: 

Deuxième semaine, deuxième livre de lu.  Le collectionneur. 

Ce n’est pas de la grande littérature mais j’ai vraiment passé un bon moment avec ce deuxième livre que je qualifierais de  « romantique suspense » signé par la grande reine de la romance, Nora Roberts.   Avec cette auteure plusieurs fois millionnaire en vente de livres,  je peux dire qu’on peut s’attendre à du bon comme à du très mauvais.  J’en avais téléchargé un « très mauvais »  sur mon Kindle pour lire à Libreville.   Je l’ai supprimé après 10 pages.  Un roman de gare insipide et plate ou dès les premières pages, l’on devine déjà toute l’histoire et la fin.   La belle, libre et indépendante,  tombe dans les bras de la bête, macho et riche.  Entre temps, elle le déteste, et l'arrogant bête et macho, il  fait tout pour la faire « suer » et sans grande surprise, tout ça finit entre les draps. Je déteste ce genre de romance.

Avec celui que je viens de lire, force est de constater que « Le Collectionneur » passe dans la catégorie bon livre à lire de Nora Roberts.  D’ailleurs je l’ai acheté parce que conseillé dans un magazine lu durant l’été. On le recommandait comme « les 10 livres à lire à la plage ».  Le premier étant bien sûr La fille du train.   Indéniablement, si vous voulez passer un  « chouette »  moment de lecture avec un livre mélangeant habilement thriller et romance, pas trop trop nunuche, ce titre est tout indiqué pour vous !  Bien construit, ça se lit bien, le suspense est palpitant.  Bref je le note 8 sur 10.   

Sortie du Jeudi 22 octobre :

J’ai pris mon deuxième café sur « ma » terrasse où je suis toujours en mode contemplation et émerveillement devant le splendide décor et le fleuve. Je ne m’en lasse pas.  Et j’aime ce moment de la journée.  D’autant plus que depuis quelques jours, à l’heure ou vous m’y trouvez, me caresse une belle brise légèrement fraîche.  Je le savoure lentement, et le café et le moment et la brise.


Toutefois, ce matin, j’ai un petit problème.  Je vois que l’eau de la piscine est un peu trouble et presque opaque.  Je vois aussi qu’un technicien est à réparer quelque chose.  Je vois  que je ne pourrai pas faire mes longueurs de piscine.  Je vois surtout que je devrai faire autre chose pour occuper mon avant-midi.  Mais, quoi faire ?  Rester dans la 308 ?  Je n’ai pas tellement le goût, j’y passe l’après-midi !  Heureusement, je suis comme Justin, notre nouveau P.M.  « J’ai un plan » 

Ce matin, avant de partir,  A. m’a offert d’aller voir l’endroit où il travaille.  C'est d'ailleurs à la demande de Zac.... qu'i me l'a offert.  - Ta femme est ici avec toi?  Il faut l'amener au Centre!   Il me dit qu’il y a une boutique ou les étudiants exposent et vendent leurs « œuvres »  –Tu peux peut-être te trouver quelque chose d’intéressant ? dit-il.    Je lui avais répondu que j’irais la semaine prochaine, je suis trop occupée pour le moment.  Malgré l’accablante et suffocante chaleur qu’il fait ce matin, 39° à l’ombre, et à cause du manque de mon activité piscine, c’est le moment ou jamais d’y aller.  Je lui téléphone et il me dit que Z. va venir me chercher. 

LA question :    Qu’est-ce que je vais porter?   C’est important ici « quoi porter » quand tu sors.  Il ne faut pas trop attirer l’attention.  Enfin, le moins possible, même si l'attention, quoi que je porte,  je l’attire « anyway » lol   J’ai acheté plein de Hauts très beaux et très chics pour porter avec mes leggings. Très BCBG.  J’ai choisi le plus long et le plus élégant c’est-à-dire le moins décolleté.  On ne va pas choquer personne surtout que A. m’a dit que les dames de son groupe sont toutes voilées. 

 Zach.... vient me chercher.  Belle et agréable rencontre !   Il est grand, costaud, jovial, bref, il pas mal du tout le beau Z.   Rendu au Centre, A. me présente à son groupe.  Comme il en plein travail, c’est Z. qui me présente à l’autre  et au Directeur et à la Directrice Générale.  Dois-je préciser ici que l’attention je l’ai attirée ?  Que tous m’ont examinée de la tête aux pieds ?  Je croyais juste aller à la boutique mais la toute charmante DG m’offre de visiter le Centre en question.  Comme j’ai du temps à étirer et plus qu’il en faut, je me montre très intéressée.   C’est le vieux Leko qui le fera.  Ça fait plus de 25  ans qu’il est le Directeur de la formation.  J’ai beaucoup aimé !

Après une heure trente, je sais tout.  J’ai appris comment on fait le cuir, odeur compris.  La méthode traditionnelle et la méthode moderne.  De la réception des peaux à l’état brut jusqu’à la transformation du très beau cuir bien lisse.  Je connais le fonctionnement de toutes les machines qu’il y a dans la tannerie. Il me fait entrer dans son bureau, et je vois le résultat de tout le travail que ça prends pour en arriver à ce beau cuir qui sera transformé en sandales, sacs à main, valises, boîtes à bijoux, etc. etc.  Une peau attire mon regard, plus belle que toutes les autres, c’est la ROSE FUSCHIA.  Ça y est !  Encore une fois,  j’ai un autres plan   À moi de faire en sorte de le réaliser et je sais déjà avec qui.   En arrivant A. m’a présenté à Moukaila, le Formateur en maroquinerie, spécialité sacs à main qu’il m’a dit.  On y reviendra, à mon plan,  plus tard durant le séjour.  Il me reste 4 semaines encore.

Leko m’amène ensuite dans les ateliers ou les étudiants fabriquent les sandales et ensuite celui des sacs à main.  On me donne un catalogue et on me dit que je n’ai qu’à choisir un modèle et on me fera le sac que je veux.  Je feuillette, il y a des modèles Gucci, Hermès, Chanel,  etc. etc.  Mais je n’en vois pas à mon goût.  Ce sont toutes de « grosses sacoches » et je n’aime pas ça.  J’aime les sacs à bandoulière de format moyen et qui ne m’encombre pas.   Je ne passe pas de commande.  Pas encore.  Allons d’abord voir à la Boutique.  Tout à coup que je trouve ?

Du premier abord, je ne vois pas rien qui me « saute dessus » jusqu’à ce que je « tombe » sur un très beau sac, avec un motif qui me plaît vraiment.  En plein ce que je veux.  Mais j’ai pas de chance, c’est une grosse sacoche.  Et elle est à 70 000 francs (165$).  Quand même, je veux encourager un peu les étudiantes qui exposent, j’achète 3 bracelets en « corne » de je ne sais quoi, du Zébu j’imagine et des boucles d’oreilles en corne aussi. La visite est terminée. 

Il est 12 h 30.  Je suis là depuis 10 heures.  Inutile de vous dire que la sueur me coule de partout pour ne pas dire me « pisse de partout ».   J’ai le visage mouillé comme si je sortais de la piscine.  Et rouge en plus.  Mes vêtements sont trempés, comme si je sortais de la piscine. La lavette mouillée que je suis,  sent qu'elle vai s’écrouler.   On rentre maintenant ? Ah zut !  Ce n’est pas Z. qui vient me reconduire.  En fait lui il veut bien venir, mais le DG dit qu’il a besoin de lui.  Z. et moi, au regard qu'on se fait, manifestement,  on n’est pas contents !  C’est la Directrice Générale qui viendra. 

Voilà ! Je suis sortie de mon cloître.  J'en suis ravi.  J’ai « vu du monde », vu de belles choses et j’ai un plan ! Satisfaction totale.  Mieux encore, je sais que je vais  sortir samedi matin.  Et encore une fois avec le beau Zach....   Il m’a dit que nous irions au  SAFEM.  Au Salon de la Femme.  Ça alors !  Un salon de la femme au Niger ?  Bien hâte de voir ça.

Hâte de voir ça, mais j’ai la trouille quoi.  André et moi seront « perdu dans la foule ».  Et pour moi, qui dit foule au Niger dit danger !  D’ailleurs Z. a prévenu A. de faire attention qu’il y aura des « pick pokets ».  Très rassurant.

 Le SAFEM est au Palais des Sports ou des Congrès je ne sais plus trop lequel, mais je sais que l’emplacement est immense.   Z. me dit qu’il y aura beaucoup, beaucoup de monde, puisque plusieurs femmes de pays limitrophes exposeront ;   Mali, Burkina Faso, Bénin, Côte d’Ivoire, Mauritanie, Nigéria, Maroc etc.   On a toujours en tête que « nos voisins » les Boko H. font toujours du trouble.  Je vois tous les matins passer dans le ciel les « jet turbo Mirage » qui se dirigent vers le nord.  Ils font un boucan terrible. 

On a aussi en tête que les kamikazes préfèrent se faire exploser dans ce genre d’endroit, là où il y a beaucoup de monde.  Et samedi matin, belle occasion,  on y verra deux blancs en plus.  Ça m’inquiète vraiment.  Mais comme sortir du cloître me fait du bien, tentons le mektoub, et allons-y quand même !

Mais pas aujourd’hui.  Il est 14 heures, le « retour du guerrier » est imminent.  J'aime bien lorsqu'il revient et que nous prenons l'apéro ensemble.  Il me raconte sa journée, c'est captivant.  

18 oct. 2015

Une semaine de faite!

C'est samedi le 17 octobre 2015  

Une semaine de faite + Un roman de lu +  3 nouvelles robes dans mon placard + Deux sorties « en ville ».    Une grosse semaine quoi !

J’ai lu le dernier chapitre de mon roman avec la nostalgie de quitter Rachel, la fille du train qui m’a tenue en haleine toute la semaine.  Quel suspense génial !

Quoi de neuf ? 

Trois robes dans mon placard.  Je n’ai pas fait appel à « mon assistant » pour me dénicher un Tailleur,  parce qu’il est sur le « chiffre de nuit ».  Il dit « Je suis comme la terre, je tourne autour du soleil ».  Alors, hier matin,  j’ai demandé à mon tout charmant  Ysouffou. - Tu connais un Tailleur ? -  Mais bien sûr madame, mon ami d’enfance est un Tailleur. 

Je passe donc ma commande.  Je lui montre les deux morceaux de tissus et le modèle de robe que je veux.  C’est la fameuse mais très jolie robe qu’Ibrahim m’a fait en mars dernier et qui m’a fait suer durant plusieurs jours. (Pas la robe mais Ibrahim.)  Et puis aussi, j’aimerais que le Tailleur me raccourcisse ma superbe Djellaba noire brodé de bleu, que j’ai achetée à Libreville. Elle est trop longue, je ramasse la poussière tellement elle est longue.  Je la mets (par dessus ma robe bien sûr, qu’aviez-vous pensé ?) pour lui montrer quelle longueur je veux.  Je sens que la Djellaba plaît beaucoup à Ysoufou.  Avec raison, elle est splendide et me va à merveille !   




Ibrahim m’a fait attendre plus d’une semaine pour une robe.  Et j’ai dû lui envoyer je ne sais combien de SMS pour la récupérer.   Ce n’est pas le cas de mon cher Ysoufou.  Dès ce matin, de retour du petit déjeuner (et en compagnie de mon A. puisque c’est samedi) je vois sur mon lit le sac et dedans mes robes et ma Djellaba.  ET mes robes elles sont superbes, exactement comme je l’espérais ;   chic et très belle.  J’en mets une, et je sors retrouver Ysoufou pour le payer. 

-       -  C’est combien ?
-       -  Ahhh madame, mon ami il m’a dit que ce n’est rien.
-       -  Ahhh  non, je ne peux pas, je dois le payer! 

Au fil de la discussion, je comprends ici que c’est à moi de juger et de fixer un prix.  Ils n’en sont pas capable (sauf Moussa bien sûr). 

Primo,  je suis très surprise de la rapidité à me les remettre.  Secundo,  elles sont plus que très belles.  Tertio, j’aime bien mon cher Ysouffou. J'avoue que c'est mon Boy préféré des préférés "à vie"!   Alors je sors de mon porte-monnaie un billet de 10 000 francs.
- Tu crois que c’est assez ?   Je vois son grand sourire.  Je sais que c’est plus que ce qu’il escomptait.  Non seulement ça, j’ajoute 5 000 « pour mon cher Ysoufou » c’est ce que je lui dis.  Quesse’vous’voulez, l’amour n’a pas de prix!   

Voilà, j’ai mes 3 robes.  Ça m’a coûté à peu près 30$ et je suis contente !  À chaque fois que je dis ça « je suis contente » je pense tout le temps à Bâ, le chauffeur Mauritanien que j’avais à Nouakchott. Il me disait tout le temps : 
-Tu es content ?
-Oui, très contente
-Alors je suis content !

Une semaine, 2 sorties

Sortie numéro 1 :
Contrairement à chez-moi, sortir à Niamey devient un événement, même si c’est juste pour aller au supermarché.  Voilà que ça devient un « sujet » sur mon blogue.  Mais bon,  on a toujours en tête l’espace du temps, qu’il faut étirer au maximum, pour ne pas faire de l’ennuie sa compagne de route.  Et on a encore cinq semaines à "remplir".

Ma première sortie de la semaine, c’est hier après-midi, pour aller au Supermarché Hadad avec le « Taxi Moussa ».  En fait ce n’est pas la sortie qui fait l’événement, c’est Moussa.  Je suis d’abord allé le voir toute seule,  en matinée, pour lui demander si il était disponible.  Sachant que c’est compliqué avec lui, j’ai laissé le plaisir de la négociation du prix à André.  

On a failli ne pas y aller.  Il voulait 5 000 pour la course + 5 000 pour l’attente.   A. referme la porte du taxi et lui dit qu’on n’y va pas.  Précisons que le Supermarché Hadad est à dix minutes d’ici et que ce n’est pas un Wallmart ou un Maxi&Cie.  On y fait le tour en peu de temps.  Payer 10 000 francs pour aller acheter des bouteilles d’eau et quelques produits pour madame, c’est cher payé.

Revenons à Moussa.  Vous me voyez fort désolée de « rentrer à la maison » sans avoir fait MA sortie de la semaine.  Je le regarde et dit simplement – Ahhhh Moussa, je ne pourrai pas sortir ?  C’est gagné !  Il dit à A.  – D’accord pour 5 000, mais c’est pour madame que je le fais.  OUF !   C’est un vieux grincheux Moussa.  Il n’est pas facile.  A. lui dit qu’il lui faudra un reçu pour la course. 
-       -  À 5000 il n’y a pas de reçu.
-       -  Moussa, c’est pour moi le reçu.  Il faut me le donner.
-       -  Ah, pour madame Suzanne c’est bon !

Vraiment pas facile le Moussa.  Je comprends maintenant pourquoi A. l’évite.  Il m’a raconté ce qu’il lui a dit l’aut’matin :

-       Toi tu manges.  Moi je ne mange pas.
-       Toi tu as de l’argent.  Moi je n’ai rien.
-       Je te vois au restaurant, manger pour 15 000 francs, moi je ne mange pas au restaurant.

Et ainsi de suite sur les lamentations de Moussa. Il nous culpabilise quoi.  Il n’aime pas les Français, il dit qu’ils devraient tous quitter le pays.  Tout le long du trajet, il chiale sur tout ce qu’il voit.  Les passants, les motos, les camions, les vendeurs, bref, tout l’embête quoi.  Le vieux Diallo il est pas mal « plus smouth » que lui.  Nous n’avons juste pas trop confiance en son vieux tacot.  Le taxi cassera-t-il en chemin ? 

Tout de même, je compte bien le « mettre dans ma poche » le Moussa.  Voilà une occupation à mettre à mon Agenda!  J'ai déjà commencé mon trafic d'influence.  Au supermarché je lui ai acheté un paquet de biscuits.  Il a dit:  Ahhh tu vois?  Madame Suzanne elle pense à moi!  À suivre ! 

Sortie numéro 2

C’est samedi.  A. ne travaille pas.  Enfin, il travaille à son rapport.  Et le samedi et le dimanche je ne vais pas à la piscine. Je reste avec lui « à la maison ». - Si on allait manger un Shawarma au resto du rond-point ? me suggère-t-il.  Qu’ai-je répondu vous pensez ?   -Bonne idée !  Surtout qu’on peut y aller à pieds. C’est à deux pas d’ici.   Pas de chance, il n’est pas ouvert le jour.  Qu’est-ce qu’on fait ? 
Le vieux Diallo est là, et avec lui, pas d’histoire, le prix est fixé à l’avance.  5 000 francs l’heure.  Et il nous attend.  Et il est gentil, il ne chiale pas.  On ira donc manger un Shawarma à La Cabane. 

Voilà ! Je suis comme une prisonnière qui a droit à ses sorties hebdomadaires, en récompense de sa bonne conduite !