Le Gaweye? J’adore ! C’est 1 000 fois mieux que le Grand
Hôtel. À TOUT point de vue. Chambre, Piscine, restauration, personnel, tout
quoi. Seul mon très cher Issoufou mon irremplaçable
« homme de ménage » me manque.
Par exemple, dès le premier soir on s'est aperçu que c'était mieux ici à l’heure du souper. Là-bas, au G.H., nous ne pouvions pas manger avant 20 heures, enfin se présenter
à la Terrasse à 20 heures et se faire servir à + ou - 20 h 30 si on était
chanceux. On sortait de table et on allait se coucher. Si on voulait manger plus tôt, il fallait descendre à l'Heure des brochettes/frites, à 18 h 30 heures. On passait la commande vers 18
h 45 et + pour les manger vers 19 h 45 et +.
Manger était notre seule occupation de nos soirées au Grand Hôtel.
Au
Gaweye ? Samedi soir dernier, à 18 heures, vous nous
voyiez attablé à la partie Barbecue/Pizzeria de la terrasse de la piscine commander d'abord une Bière Niger et un Youki Soda avec citron pressé et ensuite une délicieuse Pizza California. On a manger à 18 h 20. Et dimanche soir, même heure même poste, un
succulent spaghetti bolognaise. Que
demande le peuple ? Il ne demande qu’à loger au Gaweye ! Nos soirées sont donc comme « à la
maison ». On peut regarder le 20
heures à la télé par exemple.
À la Terrasse de la piscine du Gaweye, l’ambiance est typiquement africaine, la vue sur le fleuve
magnifique et c'est hyper calme. Et il n’y a que 9 tables et 1 Serveur. Au G.H ? Je n’ai pas compté mais je dirais + de 40
tables autant de Serveurs. Alors ce
n’est pas du tout la même ambiance. Pas de circulation de Serveurs et de clients
et de chats malfamés entre les tables et tout autour de la nôtre. Pas
le Bal des « putes de service » qui courtisent les vieux
routards français. Rien de tout ce
brouhaha navrant et dérangeant.
Parlant d’eux, les
vieux routards, je me rends compte que
le G.H. finalement c’était plutôt « genre comme » un Campement de Brousse de
vieux routards français. C'était la clientèle principale du G.H. Ce qui n’est pas le cas au
Gaweye. Mais pas du tout la même
clientèle. Pas le même standing. Tiens, exemple, ce matin à la piscine j’ai rencontré un Pilote de
737 du Ethiopian Air Line, qui Oh surprise mutuelle, nous sommes des canadiens
errants au Niger. Je vous raconte
comment on a fait connaissance?
Trois Canadiens errants au
Gaweye
Je suis à la
piscine et voici que je reçois la visite de Diallo. Si vous avez déjà lu mes derniers carnets,
vous savez qu’il est le Taximan du vieux tacot qui sent le gaz à plein nez et
dans lequel on n’est pas certain si le taxi va nous amener à destination. Diallo il venait me saluer à tous les matins,
lors de mon « activité piscine » du G.H. Bien sûr, comme tous les autres, il est très
peiné de mon départ. Quesse'vous voulez, semble-t-il que je suis irremplaçable. C'est pas moi qui le dit c'est le vieux Diallo. Il avait presque
les larmes aux yeux quand nous avons quitté le G.H. Alors il est venu visiter Madame Suzanne à
son nouveau domaine. Comme j’étais bien installé à ma "salle de séjour" c'est à dire à la
piscine, sur ma chaise longue sous ma Paillote, je lui ai dis - Tu
vois ? J’ai changé de décor mais
pas mes habitudes. Il me dit que « tout le monde ils ont de
la peine que madame Suzanne elle est parti ».
Nous discutons, Diallo
et moi, mais la discussion est intense puisque je lui raconte ce que nous avons
vécu avec les baguettes en l'air. Diallo est en colère. Il me dit que le Directeur Général ne sait rien de tout ça
et que je devrais me plaindre. Soudainement le Gardien de Sécurité vient nous voir. Il dit « C’est monsieur là bas qui m’a dit de
venir. C’est votre mari ? ». Effectivement, je vois un
« blanc » assis au Bar de la piscine. Non, ce n’est pas mon
mari. Et le Garde de Sécurité parle avec
Diallo dans leur langue, le Jerma.
J’entends le mot « bagarre ».
Et je comprends.
– Il n’y a pas bagarre. C’est mon ancien taximan et nous discutons du
problème que j'ai eu au Grand Hôtel…….. et bla bla bla.
Le Garde quitte et ensuite c'est Diallo qui part. "Monsieur là bas" qui était assis au Bar vient me voir. Je
lui dis – Vous me pensiez en
danger ? - I do not speak
french. Il parle anglais. Il me dit qu’il croyait que l’homme vêtu de
sa longue robe blanche était entrain de me disputer, il le voyait me pointer du
doigt, alors il me croyait en danger. Il
pensait qu’il était entrain de me sermonner parce que j’étais en maillot. Alors il a demandé à la Sécurité de venir et me
dit que si ce dernier n’était pas venu c’est lui qui venait.
Alors on fait connaissance.
Bruce est
Canadien, anciennement de Pointe Claire. Il est
Pilote de 737, le Capitaine d’Ethiopian Air Line. Et il est en escale « with his Crew »
pour deux jours. Après 80 heures, il est
obligé de se reposer. Et il n’est pas
content de se reposer à Niamey. Il sait
le danger d’être au Niger, d’ailleurs il se demande ce que je fais ici. Et je lui raconte « ma vie » de
Niamey. En trois mots, puisque elle
n’est pas tellement palpitante. Pour le
moment elle tourne autour du Gaweye à faire le plein de vitamine D à la
piscine J . Arrive
Monsieur mon vrai et bien aimé mari.
Vous nous voyez
sous « ma paillote » à boire de La Conjoncture, la « bonne
bière » du Niger et à se raconter « nos vies ». Le père de Bruce, Léo Dandurand, était le propriétaire des Canadiens en 1900 je
ne sais plus. Mieux encore, son
grand-père a été le premier propriétaire d’une voiture au Québec. Son numéro de Licence était Q1. La voiture est d’ailleurs au Musée je ne sais
plus lequel et il nous défile les photos sur son iPhone. Nous avons ainsi « fait connaissance »
tout l’après-midi, voire même, sur FaceTime, avec son
épouse, qui est chez-elle à Adis Abebas. Ils habitent là-bas. Pi en Californie aussi. Pi je ne me rappelle plus où. On est loin de nos vieux routards mal
« attriqués » du GH qui jamais ne nous parlaient parce que trop
occupés à boire un coup et à choisir « laquelle est la plus belle »
entre les demoiselles en costume de putes. C'était le "Bal des putes"; tout un spectacle, particulièrement les vendredi et samedi.
L’Organisatrice en chef des
escales d’Éthiopian Air Line
Bruce me dit qu’il
aimerait bien aller manger ailleurs qu’ici ce soir. Lui et son Crew
bien sûr. Je lui conseille mon resto préféré Côté Jardin. Je lui dis que c’est bon, beau, et que je suis
certaine qu’ils vont aimer. Je vois que comme nous il connaît le danger et pense au prise d'otage et tout le reste mais que sortir nous fait du bien.
– And how do we get there ?
- With KUNTA.
He is our taximan. You are very secure with
him and there is no discussion with Kunta.
(entendre pas de discussions de prix comme les autres taximen de Niamey)
– And how will we get back here ?
- Kunta will
wait for you at the restaurant no matter how long you stay.
Avoir un crayon et
un carnet dans son sac, en 2016, est
archaïque. Alors je lui tape le numéro
de Kunta, et aussi le nom du resto sur le « Note » de son iPhone. – Have a good time ! And I am sure he will have one !
Je suis allé avertir mon tout charmant Kunta que je lui avais trouvé de la clientèle et lui explique qui ils sont.
Ce matin, à 8
heures 15, au petit-déjeuner, comme je suis toute seule, mon mari ayant quitté
tôt pour son boulot, Bruce vient à ma table et me demande si il peut m’accompagner. Of
course !
Pi ? Vous avez aimé votre sortie ?
En résumé, ils ont
adoooooooré ! et le Resto et ce qu'ils ont mangé et KUNTA.
- Thank you very much Suzanne. We had a very good time because of you!
De toute évidence,
lui et son Crew, ils sont enchantés de leur sortie. Pendant qu’il me faisait les éloges de sa
soirée, arrive ledit Crew de Bruce me présente: – C’est la dame qui nous a envoyé au Côté Jardin
Et chacun me
dit :
- Qu’est qu’on aurait fait sans vous ? Thank you sooooo much (la main sur le cœur)! Ils prennent
place et voilà que je les « organise encore »?
Pendant que je mangeais seule avec Bruce, je fais ma commande habituelle: 2 Toasts! Tout surpris, Bruce me dit:
- Des Toasts? Il y en a? Où ça ? Je ne vois pas de
grille pain.
Je demande dit donc à mon Serveur que "monsieur aussi prendra deux toasts" À ce moment arrive le Crew. Capitaine Bruce
leur dit :
- You want some toasts ? Encore une fois c’est
grâce à madame si vous mangez des toasts.
Et Bruce me dit : Voulez-vous
travailler pour nous ? Vous
pourriez organiser nos escales.
Voilà, j’ai une
job sur Ethiopian Air Lines ! Organisatrice en chef des escales du Capitaine
Bruce et son Crew ! Bien sûr j’ai précisé que je voyageais
PREMIÈRE. No Problem ! que m’a
répondu Bruce. J
Et j’ai un nouvel ami fort sympathique.