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12 juin 2015

Libreville ce 12 juin 2015

Le trafic d'influence de madame très classe

Je reste fidèle à mon « trafic d’influence » parce qu'il est payant.  Avec ce trafic je garde mon statut de Princesse.  :-)  J'ai commencé le premier jour, avec le remplaçant de mon charmant Édouard de la piscine.  Il s'appelle Ulrich (prononcez ulriche).  Je lui ai donné un porte clé ;  une petite ampoule qui « flash » si tu appui sur le « piton ».   J’ai été surprise de sa réaction, je n’attendais pas autant d’émotion.  Il m’a dit  « Madame Suzanne, même ma mère ne m’a jamais donné de cadeaux.  Je suis très touché.  Elle a fait des enfants dehors, après elle s’est mariée, elle a fait des enfants encore et mes frères ils m’ont jeté dehors.  Je suis tout seul. Je n’ai pas de famille.  Mon père il est mort».  Et des pluies de merci avec ça.  Il est touché ?  Moi avec.  

Les montres de madame très classe !



Avant tous mes départs, quelque soit la destination, en vue dudit trafic d’influence, je fais une razzia de bricoles au Dollorama.  Comme le porte clé de Ulrich par exemple.  Je les connais bien, je sais ce qui va plaire ou pas et je sais aussi que le dollorama foisonne de petits "bling bling"  intéressants.   Le porte clé de Ulrich, il  « flash » présentement à Niamey, au Grand Hôtel du Niger.  Mon « chouchou » Ibrahim l’allume quand il se promène en moto la nuit…m’a-t-il dit… « et je pense à toi chaque fois que je l'allume ».  Ibrahim et moi on est ensemble, comme’y’disent.  Petit Hassane, mon Assistant en a un aussi.  

Dans ma recherche de bricoles, j’ai trouvé de très belles montres à 2$ chacune.  Elles sont tellement belles, que je les ai acheté pour moi.  J’en ai de toutes les couleurs :  une rouge, jaune, bleu royal, fushia et une mauve  Je les agence avec la couleur de ce que je porte, et bien franchement, c’est très chic ou comme ils disent très classe.  Ce sont de « grosses » montres, (voir sur la photo) elles ne passent pas inaperçu.  Comme aux yeux de Gaétan par exemple. 

Gaétan et moi "on est ensemble" , c’est mon ami depuis que je viens au Méridien.  Mon « chouchou de Libreville » quoi.  C’est le maître nageur à la piscine.  Et je suis "sa" Princesse, Madame Première que lui et Édouard me surnomme.  Et les montres, je les porte aussi pour aller à la piscine.  Un maillot noir ?  Une montre fushia ou rouge.  Un maillot fleuri bleu ?  Une montre bleu.   Ma petite robe de plage confectionnée à Niamey ?  La montre jaune.   Et la mauve je la mets parfois avec le maillot noir.   J’ai ainsi paradé durant une semaine.  Un jour une montre.   Gaétan me dit un midi « Ahhhh madame Suzanne, tes montres la, elles sont très classe, j’en veux une. »  Je lui dis qu’à mon départ je vais lui en donner une.  - Tu choisiras.  – Non, je veux que tu me donnes celle qui vient de ton cœur. 

 Mon coeur n'a pas attendu jusqu'à mon départ.  Le lendemain, Gaétan avait la montre rouge au bras.  Je n'allais pas lui donner une rose ou bleu, alors mon coeur il a dit que la rouge lui irait bien.  Il dit qu’il ne va pas la porter au travail pour ne pas « la gâter ».  

Oh Oh!  Ulriche m’a vu donner une montre et depuis il  me dit que « madame Suzanne tu es très classe ».  Me voilà dans un dilemme, je donne ?  Je garde ?  Je les aime bien mes montres et Ulrich avec.  Je sais qu’au Niger, en octobre prochain ( ???) je vais aussi faire « fureur » avec elles.  Il me reste un mois pour résoudre mon problème.

D’habitude je suis « madame stylo ».  J’ai « beurré » le Mexique, le Brésil, et mes contrées africaines des stylos C….  Mais cette année, j’ai un compétiteur et non le moindre, c’est le Méridien.   Leurs stylos sont tellement beaux, il sont plus actuels avec la couleur bleu turquoise et en plus ils écrivent très bien.   J’en ai même reçu un en cadeau « de la fête des mères » en plus d'une rose.  Bin quoi ?  Je l’ai découvert dernièrement non ? J  D’ailleurs ce dernier est toujours là, avec son beau sourire, chaque matin que je passe, et me rappelle toujours qui je suis :   « Bonjour maman ! ».   Bon revenons au stylos ?

Va sans dire ils déclassent les simplets du C….  c’est gênant les sortir de mon sac.  J’ai suggéré à A. d’en commander des plus « flashy » que ceux que je distribue maintenant avec parcimonie.  D’habitude j’en ai jamais assez mais là j’en ai trop.  Pour être bien franche, ça ne fait que 4 que je donne.  Aux 2 boys piscine, au « porteur d’eau » et le dernier à la réceptionniste  en échange de son beau Méridien.

Le porteur d’eau ? 

C'est Michel, celui qui dépose deux bouteilles d'eau,  sur la table à café de la 660.  Alors grâce à lui,  nous n’avons pas à acheter à l’extérieur nos bouteilles d’eau.  À l’extérieur parce qu’une bouteille coûte 690 francs et ici 3000 francs.  Ici encore, le très payant  trafic d’influence m'oblige puisque les premières journées on avait droit à 2 petites bouteilles.  Et pi un jour on a eu 1 grande bouteille.  Mais depuis quelques « trafics » on a droit à 2 bouteilles de 1,5 litre et tous les jours.

Forcément, le Michel, je le traite aux petits oignons.  Lundi, je lui ai donné la cafetière que j’avais achetée.  Je l’avais payé 15 990 francs (35$).  J’en ai acheté une autre de marque Philips  et de meilleure qualité.  Va sans dire, Michel était très surpris du cadeau et surtout très content.  Et pi un autre jour je lui ai donné un Polo noir que j’avais acheté en vue du trafic en question.  Et pi ce matin je lui ai donné une paire de pantalon tout neuf.  J’avais fait moi même le bas avant de partir, mais trop court.  Et  A. une fois de temps à autre lui glisse 1000 francs dans la main.  Voilà pour le porteur d’eau de la 660.


Voilà aussi pour mon bla bla bla de ce 12 juin 2015.  Ça fait exactement 3 semaines que nous sommes à Libreville.  Le temps file et bien. 

9 juin 2015

Ça alors!

Et que fais-tu d’autres que de visiter des « Flat Plate » et de « nonchalancer » sous les tropiques ?  Depuis le temps que j’y séjourne, j’ai beaucoup raconté, j’ai beaucoup dit sur Libreville.  Que dirais-je encore ?

Mon « récit du jour » raconte une découverte inopinée.  Mais avant de la raconter, jasons un peu.

On dit qu’il est bon de s’échapper de la routine. J’avais oublié de le mentionner dans ma chronique immobilière, qu’échapper à ma routine est une des raisons majeures d’un choix de vie à l’hôtel.  Dans un appartement, que ferais-je ?  Ma routine comme cuisiner par exemple ? Surtout que ce n’est pas ma routine préférée.  Je ne dis pas que je ne suis pas une bonne cuisinière.  « I manage » comme on dit en anglais.    Mais si j’avais le choix, si je gagnais des millions à la Loto je ne dirais ni ne ferais pas comme beaucoup répondent à la question :  Que ferez vous avec tout cet argent ?  Voyager, m’acheter une maison, une voiture etc.  Moi ?   Je m’engagerais un Cuisinier.   

Forcément, j’en profite au max quand je voyage avec mon A.  Je n’ai de questionnement que celui de décider auquel restaurant nous irons et quel sera le choix sur le Menu à la carte.  C’est un peu comme si j’avais gagné la Loto.  Et à Libreville le choix de bons restaurants ne manque pas.  Mais nous aimons bien le ELIWA du Méridien, (le restau de « l’espace » piscine).  On y va, les soirs ou nous ne voulons pas sortir « de la maison ».  Depuis le temps que nous venons ici, nos petites habitudes sont connues.  Je n’ai qu’à dire au Serveur :  « Devinez ce que nous mangeons ? »  Réponse de ce dernier :  « Un bolo ».  Et deux généreuses assiettes de spaghettis bolognaise arrivent.  Mais je dois dire qu’on ne va pas au ELIWA que pour ledit bolo, on y va aussi pour son ambiance.  Et quelle ambiance !  

Je dis que c’est le plus bel endroit de Libreville.  Le soir, ma salle de séjour, est d’un exotisme inouï.  La piscine illuminée, les palmiers et cocotiers aussi illuminés, la brise de la mer, le « CHhhhhhhhhhhhhssssssss » des vagues, les chandelles aux tables, tout cet exotisme en rajoute aux délicieux « bolo »  + la bonne Regab (bière locale) et du Coca Zero de madame.  Je savoure ces soirées à fonds.  De retour chez-moi, souvent j’y pense.  Même quand je vais à ma petite plage de Deauville, et que je m’installe sur le bord du lac pour lire mon livre et que les toutes petites vagues me font une douce musique.  Bon, je m’égare.  Revenons à Libreville ?

Parlant des bienfaits de changer de routine, comme partout où je vis, je garde ma routine matinale, celle d’une marche santé, question de bouger, c’est essentiel à ma « bien être » physique et mental.  Et marcher à Libreville est très différent de Dakar où les derniers séjours, prendre une marche était s’exposer au danger à cause des voleurs et des vendeurs aussi.  

Ceux et celles qui lisent mon carnet se souviennent-ils qu’on a attaqué mon A. en pleine sur la rue ?  À Libreville, j’y vais en toute sécurité.  Enfin, à date, je n’ai pas de problèmes.  Pas de vendeurs harassants et insistants qui attendent à la sortie de l'hôtel et qui comme des mouches, me suivent tout au long du chemin pour me vendre ses « bricoles ».  Il n’y en a pas.  Et si il y en a un, comme à l’entrée du Géant Casino ou du Centre Affaires,  il m’offre, je réponds la formule magique « non merci ».  Et voilà !  Rien de plus.  Le seul « dérangement » que j’ai est de répondre à tous ceux qui me disent « Bonjour » comme ça, en passant. 

Donc, « slowly but surely » de bonjours en bonjours,  à tous les matins je vais au centre-ville.  Faut dire que je n'ai pas le choix de sortir.  Je dois aller à la boulangerie pour la baguette ou les croissants du petit déjeuner et aussi me chercher à déjeuner (diner chez-nous).
.    

Alors, cela étant dit,  voici venu le moment de raconter ma découverte inopinée. 


Ça alors !!!

Depuis notre arrivée, à plusieurs reprises, nous allons régulièrement souper au « AMIGO » le petit restaurant Libanais juste à côté du Méridien.  Je dirais à 2 pas d’ici.   




Il n’y a que des hommes, des libanais, qui fréquentent ce restaurant.  Toujours les mêmes.  Il me semble en quelque sorte un restaurant familial, et nous nous sommes ajoutés à « la famille » mais petit à petit. 

Vous le voyez sur a photo, le restaurant est tout petit, je pense qu’il y a six ou sept tables.  On prend place à la table du coin, devant la fenêtre. (À gauche sur la photo).   Le premier soir, personne ne nous regarde. Enfin, devrais-je dire ils nous regardent en rentrant, mais ensuite, tout le monde a le nez dans l’assiette.  La télé est sur un poste libanais, et tous parlent en arabe mais un arabe qui me semble différent me semble-t-il.  Seul le Serveur nous fait un peu la causette alors que nous avons le menu et que nous nous demandons « qu’est-ce qu’on mange ? ».  Et à chaque choix, chaque soir, je dis que la cuisine est bonne, etc.  Et c’est vrai, c’est pas mal bon. 

Le deuxième soir, celui qui est au comptoir, et à le voir diriger tout le personnel derrière son comptoir, il me semble gérer la place.  Ce soir il nous salut du bout des lèvres mais sans plus.   Le troisième soir, ce dernier, qui je dois avouer est un jeune et bel arabe, oh surprise, il commence à être plus démonstratif avec nous.  « Bonsoir madame-monsieur » + un beau et grand sourire.  Hé bien!   

Le quatrième soir, j’ai mangé une brochette de poisson, et elle était servie avec une sauce aux tomates.  Mais alors là, LA sauce aux tomates fraîches comme je l’aime, c’etait un pur délice.  En la mangeant, je me dis que ça serait un repas de reine si je la mangeais avec un spaghetti.  Que voulez-vous, j’AIME les spaghettis, et avec cette sauce aux tomates, ça serait un régal.

Ne reculant devant rien pour manger un spaghetti, je demande au serveur si

-       -  il y a des « spaghetti » au menu ? 
-       -  Non.  Mais parfois il y a des tagliatelles au poulet, sur le menu du jour le midi, mais si tu veux qu’on te fasse, tu appelles avant de venir et il me donne la carte du restaurant.   

Entre temps, il va porter les plats à la cuisine, revient avec le dessert, et le suspense continue favorablement pour moi.  Voilà que mon bel arabe, vient à notre table et me dit : 

-       - Demain, si tu veux on t’en fais mais comme accompagnement avec une brochette viande.  Qu’ai-je répondu vous pensez?  
- - Le rendez-vous est pris, nous serons ici.   

    Nous voilà donc invité à souper au Amigo.
-        
On s’est pointé à 18 h 45 le lendemain.  Quelqu’un était attablé à notre place.  Mon bel arabe lui a dit de changer de place et l'a installer au fond du restaurant.  Et comme escompté, nous avions dans nos assiettes des spaghettis avec à côté un grand plat de cette délicieuse sauce tomates fraîche…une brochette de filet de boeuf…va sans dire,  ce fut un régal.  Mieux encore, il a changé le poste qui parle arabe pour un poste qui parle français.  Juste pour nous.

Je ne me surprends pas de cette attitude.  Je pense que c’est « culturel ».  Ils agissent comme le chat qui en premier nous craint, et qu’à force de rapprochements, il se colle à nous.  Nous, on dit bonjour, comment allez-vous, c’est très bon ce que je viens de manger, bonsoir, à demain, etc.  On leur parle quoi.  Et petit à petit…ils sont dans not’poche ! J   

Nous avons expérimenté cette attitude que je qualifie de "culturel" la première fois que nous sommes allés en Algérie.  La première fois de ma vie que je vivais à l’étranger et en terre arabe.  Nous avons vécu 3 mois, À BouSaada à l’hôtel Caïd. 

Au bar, les premiers jours, le Barman ne regardait même pas A. et il lui servait une bière « tablette » lui disant qu’il n’y en avait pas de fraîches.  Pourtant, on en voyait passer sur le cabaret et qui sortait direct du frigo.  Après quelques jours, et de bons pourboires bien sûr,  c’était les autres qui n’avaient plus de bière fraîche mais c’était A. qui était le premier à être servi ET une bière bien froide AVEC un verre bien froid en plus ET un sourire ET un Bonjour Monsieur L. ça va ?  Et la conversation en plus.   C’est comme ça.  Petit à petit l’oiseau fait son nid.  Et un coup tu entre dans le nid, c’est le paradis. 

Bon, je m’égare encore.  Revenons à Libreville.

J’ai dit que tous les matins je vais faire ma marche matinale ?  Un matin, en passant devant le Amigo, qui est fermé le matin, la petite fenêtre s’ouvre, et qui vois-je ?  Mon bel arabe et son grand sourire et qui me dit :

-       BONJOUR MAMAN !  Tu vas bien ? 

Ça alors ! J’ai un fils à Libreville ?  Pourtant je n’ai aucun souvenir ni du père qui à voir le fils devait être pas mal beau et  bien malheureusement pour moi, ni du souvenir des  « plaisirs de l’avoir conçu »  lol lol lol J   Maman a tout oublié!


Mais non, je blague.  C’est très affectueux de me dire ça.  Il m’aime bien quoi. 

5 juin 2015

Visite du "PLATE Hôtel no. 1"



Chronique immobilière

« Tous nos rêves repose sur un espoir :   celui de se retrouver, même temporairement, dans un environnement bien plus agréable que notre cadre de vie habituel » (D.Kennedy/Mirage)

Cette citation, tirée du roman que je suis à lire,  est très à propos car  j’ai failli « me retrouver dans un environnement beaucoup plus désagréable que mon cadre de vie habituel » je dirais même,  plus désagréable que le cadre de vie choisi pour Libreville.  D’abord faut dire que mon habituel, il est des plus agréables, je n’espère pas ni  ne rêve de vivre dans pire.  Si on accepte de vivre à l’étranger mon A. et moi, une des principales conditions est d’être logé convenablement.  On l'a toujours exigé.  Si A. n’obtient pas ça…je reste chez-moi…si je reste…A reste aussi. 

Cela étant dit, allons faire la visite du « cadre de vie » qu’on nous avait choisi.

Le Méridien

Comme à chaque séjour, dès que j’ai eu les billets d’avion, je me suis occupée du logement.  Le choix n’est pas compliqué, à Libreville, c’est le Méridien.  Il y avait aussi le tout nouveau et chic Park Inn, mais c’était un peu plus cher.  Et le Park Inn, c’est près de l’aéroport, c'est beaucoup trop loin de tout donc inintéressant pour moi.   

Le Méridien, on le choisi primo parce que l’environnement est très agréable.  C'est à proximité de tout.  À ça s’ajoute la chambre supérieure qui est spacieuse et confortable.  Sans oublier un point fort important ;  nous sommes en sécurité, ce qui est primordial quand tu vis à l’étranger.  Il ne faut pas courir après le trouble quoi.  Et pour « Madame Première »,  partout où elle doit habiter la préférence va "avec piscine" puisque c'est en quelque sorte « ma salle de séjour ».  J’y passe une grande partie de mon temps, presque tous les après-midi.  J'aime l'ambiance, j'aime son luxe, j'aime la végétation, j'aime le décor, j'aime les cocotiers, les palmiers, la brise de la mer, avec en sourdine la musique des vagues qui déferlent.  Bref, tout ça meublent et agrémentent mes heures de lecture et de rêveries.  Que demande le  peuple ? (Comme le dit mon amie Pauline.)

J’ai donc contacté le Dir.Com par mail et négocié un très bon prix.  Pour moi, c’était réglé.  Point barre!

Hé bien non, ça ne l’était pas. 

Quelques jours avant de partir, voilà qu’on nous suggérait de vivre en «appartement meublé » disant qu’on en avait même trouvé un moins cher qu’au Méridien spécifiant même "de haut standing".  Vous me voyez très suspicieuse de la suggestion.  Mais politesse oblige, je n’avais pas le choix de « les laisser aller » mais pas de « les laisser décider ».  Alors, jouons le jeu!  

Par simple curiosité, j’ai pitonné sur Google appartement meublé grand standing Libreville.  La liste n’était pas longue, et ce qu’on offrait était loin du centre-ville sans aucuns services autour et pas de chance ;   sans piscine.   Aucun n’arrivait « à la cheville » du Méridien.  Donc, abandon de mes recherches.   Je persiste et signe dans mon choix ;  Le Méridien.

De son côté, A. plus chanceux que moi, a contacté quelqu’un qui est recommandé par quelqu’un du bureau et qui loue des appartements meublés à Libreville.  À voir les photos sur le site, c’était un semblant de « mon cadre de vie habituel » c’est-à-dire un très beau logement de « grand standing » et franchement très à mon goût.  Moderne, bien meublé, bien décoré, spacieux et au centre-ville.  Malheureusement c’était plus cher de quelques dollars  que le prix que j’ai obtenu au Méridien.  Déjà que le prix du Méridien semblait faire des vagues, nous avons abandonné les négociations.  Retour à la case départ :   Le Méridien.  J’ai réservé  pour 51 nuitées, A. a signé le contrat de location et puis Basta !

L'Apart hôtel de Libreville au quartier Bas de Gué Gué
(Voir les photos fin récit)

Surprise, ce n’est pas Basta!

Le samedi suivant notre arrivée, voilà que R. est venu nous chercher pour visiter la trouvaille que lui et K. avait déniché pour nous.  Dois-je préciser que ça ne fait pas mon affaire?  Je le précise, ça ne la fait réellement pas.  Mais bon, je ne manifeste pas mon désappointement.  Je l'ai dit;  je joue le jeu...jusqu'au bout.

 Je n’ai pas tellement compris pourquoi il fallait habiter un appartement.  Ça fait + de 10 ans que nous habitons ici, personne n’a jamais questionné ce choix ni le prix. Semble-t-il que c’est une question  de faire des économies et les dépenser pour autre chose ou pour un autre poste.  Enfin, c'est ce que j'ai cru comprendre.

On va voir la trouvaille?

Je connais bien Libreville, mais je connais bien aussi les africains.  Le temps c’est de l’espace et la distance, ce n’est pas la même « longueur »  que nous.  Pas loin pour eux c’est loin pour nous.  Je pose donc ma

Première question  - Est-ce loin du centre ville ? 
Réponse : - Non, c’est pas loin d’ici. 

L'espace et la distance nous ont amenés loin du centre-ville comme prévu. 

Tout au long du trajet, j’espérais, "je'm'voyais déjà....." (sur un air d'Aznavour) non pas au haut de l'affiiiiiche...mais  su mon balcon au bord de mer...." enfin LA Perle de Libreville quoi.  Mes rêves se sont évanouis quand j'ai vu que nous étions près de l’aéroport.  Je connais ce quartier, J.C. y habitait.  E. aussi.  C'est loin.  Nous sommes sur la route nationale je ne sais laquelle, la circulation est dense et bruyante.  Nous sommes au quartier « Bas de Gué Gué » aussi bien dire "en brousse".  

Il tourne à droite et je vois l'affiche:   Les Studios.... votre Flat Hôtel no. 1.  OUUUU la la!  Vous ne voyez pas le regard que j’ai fait à A. mais lui l’a vu et il a tout compris.  Le Flat Hôtel, c’est l’HORREUR !  C'est "le PLATE Hôtel"!

 R. il est certain que nous quitterons le Méridien, parce qu’il a dit en chemin que dès ce soir on pourrait prendre les valises et s’y installer.  Qui ne dit mots consent ?  Je ne dis mots mais je suis à des années lumières de consentir. Nous sommes dans une situation fort désagréable.  Je déteste ça me "faire organiser".  Que faire d’autre que d’utiliser un de mes nombreux talents ?  Ici on fera l’actrice.  Je vais  me montrer intéressé par l’horrible endroit où je me trouve.  Que la visite commence!

Le premier appartement, enfin, ce que eux appellent appartement et moi j’appellerais « case «  est  triste, sombre, minable et tout petit.  Un seul point à donner, c'est très propre.  En plus, il n’y a pas de moustiquaire dans LA petite fenêtre.  Bienvenue les moustiques !   Il n'y a pas de balcon, la porte d'entrée du studio donne sur le stationnement où sont garer de Grosse 4x4.  Voilà pour ta vue madame la Princesse.  Je vois bien qu’il n’y a pas de piscine, même pas un petit jardin pour m’asseoir…il n’y a que le stationnement du Flat no 1 et tu feras avec.   

On entre dans la minuscule, la toute petite mini chambre qui n’a qu’un petit lit ¾.  Même toute seule je ne dormirais pas dans un si petit lit.  Quesssssse’vous voulez une Princesse ça dort dans un grand lit!   C’est d’ailleurs avec ça que je tente de m’en sauver.  Je dis : - Ah la la, le lit il est beaucoup trop petit. 
Hé bien devinez la bonne idée de R ?   Il demande au propriétaire : 
-       Y a-t-il moyen de mettre un matelas par terre ?  
     
Mais pour qui on nous prend ?  Mon Dieu…sortez-moi d’iiiiiiiciiiiiii ! Je ne sais quel péché j'ai fait, mais mon dieu, il ne m’écoute pas je dois continuer la visite.

Voyant que nous n’étions pas trop enthousiastes par ce studio, le propriétaire dit à R. qu’il y en a d'autres, dans un autre bâtiment.  Ah la la!  Cé pas fini?  On passe par un petit sentier, derrière le Flat hotel, entre deux murs de ciment, passe la grande porte en fer, et « tadaaaaa » on est « au qua’tier » comme on prononce en gabonais.  Les rues sont en « dur » (en terre).  C'est le calme plat.  Je ne vois rien d’autres que des gabonais assis juste en bas de l’immeuble en question. "Ils tiennent le mur" comme on dit.   Juste devant il y a un petit champ de broussaille d'herbes hautes, voilà un bon « nid » pour les serpents.  RIEN, pas de supermarché, pas de magasins, pas de restaurants.   Qu'est-ce que je ferais, toute la journée, dans ces petites cases, à attendre?  Pas une lecture ne me sauverait de l'ennui.  Cauchemar au quartier Bas de Gué Gué!  

Et que dire des « flats » qu’on nous fait visiter ?  

Le disponible est au deuxième étage, dans le fond d’un petit corridor.  On entre dans la même genre de « case » que la première visitée.  Bof, disons un peu plus spacieux, mais toujours aussi horrible, avec un « beau » divan noir en cuirette dans le salon.  Enfin, c’est le « salon-salle à manger-cuisine-bureau » dans la même petite pièce.  Et encore, minuscule chambre meublée d’un lit  ¾ .  Je passe les salles de bain, ce sont des salles de bain.

La scène est désolante, mais l’actrice continue de jouer son rôle et répète son scénario « le lit est tellement petit…...... ».  Nouvelle et brillante suggestion de R?  Il montre le divan noir et invite A. à y dormir.  

Le propriétaire en rajoute, ce qui ne nous donne pas des points,  il nous dit  que « des canadiens québécois vivent ici quand ils viennent à Libreville ».  Hé bien je regrette, mais pas la canadienne à qui vous faites visiter monsieur.  J'lai'pas'dit. 

Ce que je pense à l'instant dans le Flat ne s'écrit pas.  Mais ça bouillonne dans ma tête je vous jure.  

 L’actrice, scène 2 :  Et je vais faire le marché où?  

Réponse de R.  – Je viendrai vous chercher à tous les 3 jours. 

L'actrice a un visage de statut, elle ne doit montrer aucune émotion, 

FIN du film d'horreur au  Plate Hôtel  de Bas de Gué Gué!

- Merci beaucoup monsieur pour la visite ! Et des salutations de toute part, et « on décrisse » comme l’a dit une fois la petite Marilou de 4 ans à son papa.

Fin de la visite, mais pas fin du supplice puisqu’au retour, R. semble encore convaincu que ça nous a plu et qu’on va aménager ce soir, car pour lui le M’PLAZA est « super ».  A. lui explique que nous devons donner un avis 2 semaines avant de quitter l’hôtel.  Moi je sais que dans sa tête, il a une idée ;  en parler sérieusement avec K.  Et c’est ce qu’il a fait dès le lundi.

De retour dans mon Palais, j’ai dit à A.

 – Si il faut déménager là, il me reste 2 jours à vivre.  Le premier pour déprimer et le deuxième pour me supprimer.   

Je n’aurai pas à quitter ce monde, puisque mon récit se termine bien.  Dieu ne m’a pas oublié, mes péchés sont pardonnés, et il m’aime encore !      Le lundi soir, A. avait une rencontre avec K.   Après cette rencontre, K. est venu dans la 660 pour « me saluer ».  R. y était aussi.  Soit dit en passant, K. je l’aime bien.  C’est un beau et très élégant gabonais.   Après son départ, A. me dit qu’il n’a pas eu à discuter.  K. a tout simplement dit « il n’y a aucun problème ».  Je pense que A. lui a suggéré un autre moyen de « récupérer de l’argent ».  Mais ça, ça ne me regarde pas.  Moi ce qui me regarde c’est comment je vais faire pendant les semaines qui suivent pour « être débordée ».  Mon seul et unique souci.  Et c’est au Méridien que je devrai trouver les moyens de l’être…débordée.  Elle est pas belle la vie ?

Une image vaut mille mots ?  Voici quelques photos du « super » Plate :