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18 mars 2015

La Fête de Madame Suzanne

Le 15 mars 2015

Plutôt que de vous raconter....  j’ai fais ceci-cela,  je préfère mettre  en images la fête de Madame Suzanne au Niger.  

André a  eu la très bonne idée de m’inviter au nouveau restaurant Côté Jardin.   Il le connaît bien, puisque lorsqu’il est venu, en décembre dernier, il y a mangé à 2 ou 3 reprises et il savait très bien que ça me plairait.  Il ne s’est pas trompé.  Ça m'a beaucoup, beaucoup plu !

En franchissant la porte,  l’impression que j’ai eu : ça y est je suis paradis?   Parce que de l'autre côté de la porte, nous avions un "paysage" un décor très différent du Niamey en sable et "délabré".  Très très très différent.  Côté Jardin est un petit coin de paradis tropical.  C’est beau, c’est chic, c’est exotique, c’est calme, l’ameublement est fait par des Artisans d’ici, les nappes et les napperons aussi.  Un spectacle tout en couleurs!  Bref,  c’est parfait pour passer du bon temps en ce Grand Jour dans une ville pas tellement touristique.  Je ne vais pas le décrire, le Jour J...le voici en image :. 


Tadaaaaaaaaaa! Madame Suzanne entre au paradis Côté Jardin!  

Bijoux à vendre...juste en entrant...





À mes ?? ans!





Le BAR 



Le Bar et son immense sculpture Hyppopotame









 Vous me voyez boire une « Grande Pression ».   Mais j'aurais du écrire:  Vous me voyez boire de la bière?  Parce que de la bière et en apéro et en mangeant est tout nouveau pour moi. Je n'en bois jamais chez-moi.   À mon grand plaisir,  la Bière Pression du Niger, je ne sais pas pourquoi, mais j'en bois tous les jours.  Aucune réaction ni effets désagréables comme le procure non seulement la bière mais à mon grand malheur aussi  le vin, depuis deux ans.  Alors je ne me casse pas la tête à « tester » les vins comme je le fais chez-moi.  Je n’en bois pas de vin.  Je me contente « d’une bonne bière ». Et pi du vin, à cette chaleur, on a pas le goût d'en boire.  

Et pi?  Quessssssse't'a manger?  

Le Menu était assez élaboré:  Poissons, Grillades, Suggestion du jour.  Par exemple:  Émincé de Chameau à la crème.  OU  Mijoté de Phacochère à la je ne sais plus quoi.  Mais, il y a aussi  PÂTES qui retiens mon attention.  Et je reste fidèle à la Tradition:  tester les "Spaghetti Bolognaise".  Je l'ai fait partout mais vraiment partout où je suis allée.  Ce soir ne fait pas exception:  Spaghetti Bolognaise s'il vous plaît.  Et je n'ai pas regretté. Celui du  Côté Jardin était des plus succulents.  Comme nous avons l'intention de revenir, j'ai le temps de goûter aux Gambas sauce curry par exemple.  

Et à la fin du repas, après la Coupe de fraises et chandelle...Madame La Propriétaire nous a offert le digestif, un petit verre de  Limoncella.    Un petit délice fort apprécié.  


KALA A TONTON!   (qui  veut dire à bientôt)


17 mars 2015

Ibrahim le couturier

Dimanche 15 mars 2015…

Pourquoi je souligne la date ?  Et en rouge ?  C’est parce que c’en est une mémorable dans l’histoire de l’humanité,  puisque c’est à cette date, qu’il y a longtemps… longtemps… longtemps…  j’ai vu le jour… ou le jour m’a vu ?  J’ai de la chance qu’en 2015 il me voit encore.  Et à mon grand bonheur, voici pour je ne sais la combientième,  je souligne ce jour de fête dans une contrée que j’aime :   l’Afrique  et «ça me va bien » comme on le dit dans la publicité GM.   Cette fois-ci c’est à Niamey au Niger.   Mais avant de le raconter, on fait un petit tour au Quartier Terminus ?  Parce que j’y suis retournée encore une fois.  J’ai pris goût à mes petites tournées avec « Alex »

Deuxième sortie de « Madame Suzanne »

Le temps est liquide, il s’écoule comme de l’eau.  Dans mon cas, l'eau c'est « le fleuve Niger ». Déjà 10 jours que je suis ici !  Et je ne m’ennuie guère ;   au contraire, je pourrais vivre ainsi encore quelques mois.  Je suis trop confortable dans mes « souliers de Princesse du Grand Hôtel » à ne jamais lever un petit doigt ma chère !  À ne jamais me demander « quessssse’j’vais faire pour le souper ? » l’ultime questionnement qui m’habite tous les jours dans mon lointain Canada.  Bof, n’y pensons pas, on a une sortie à faire !


Chez Ibrahim le Couturier :

Vous l’avez certes remarqué dans mon Carnet Niger, j’ai comme préoccupation majeure de m’arranger pour être débordée.   Invraisemblablement,  j’y arrive. 

Alors que je suis sous mon palmier, j’ai presque envi de dire « que je sèche sous mon palmier » parce que c’est le cas après la baignade ;   je me fais sécher.  Depuis quelques jours,  mon "guide touristique" Alex, vers les 10 h 45 vient me faire la conversation et j’aime bien.  Ce matin, il avait même un petit cadeau pour moi, pour mon anniversaire, soit un joli collier qu’il a lui-même confectionné.  Va sans dire, je suis touchée.  C’est le pauvre qui donne à la riche ?  Enfin, je sais bien que je devrai donner en retour, mais bon.   Je dois avouer que ce n’est pas la première fois que ça m’arrive.  Je peux affirmer, en toute humilité, qu’à chaque hôtel que j’ai habité en Afrique, j’ai reçu « un petit cadeau » de la bonne, du boy, du Maître d’hôtel, du réceptionniste.  Quesse’vous’voulez  « chu trop fine ».  Bon, ok, trêve de « flatteries » revenons sous mon palmier avec Alex ? 
 Vendredi matin, il est habillé tout en bleu cobalt, ma couleur préférée, et je me dis que sa chemise (Boubou) avec mon legging noir ?   Je serais très classe !  Comme mon souci est de me trouver quoi faire d'autre que de lézarder au Grand hôtel, j'ai trouver:  me faire confectionner un « vêtement » en tissus Africain et j'ai pensé qu’avec l’aide de mon ami Alex, j’y parviendrai.  On fera donc « une pierre deux oiseaux », c’est-à-dire :  une sortie et un vêtement !

-Alex, il y a une boutique de couture pas loin d’ici ?  -  Mais oui, mon ami Ibrahim il est couturier et c’est juste ici, pas loin.  -  On peut y aller ?  -  Oui, quand tu veux.  Ou si tu veux je peux l’amener ici, tu choisis les tissus et après il confectionne.  – Eeeeeeeeeeeeeeee  (je réfléchis :   J’y vais ?    J’y vais pas ?  Eeeeeeeeeee J’y vais !)   -  Non, je monte me changer et on y va ensemble. 

Me voici donc, encore une fois, dans la rue avec non seulement mon ami mais le couturier aussi est il est là.  On se faufile parmi les chèvres, les motos, les camionnettes et les rutilants 4x4 et on marche sur une rue, et une autre encore et une autre encore.   Oh la la !  Il n’y a pas de carte postale de ce que j’ai sous les yeux :   la vie… au quartier terminus.  Dommage que je ne puisse prendre photo, mais vous me voyez enchantée par les couleurs, l’ambiance, le calme aussi. 

À la boutique d’Ibrahim,  il y a plein de gens qui s’affairent:   d’abord il y a une dame qui est à donner ses indications pour un Boubou.  Et puis un autre qui  est à repasser un chemisier avec un gros fer à repasser en fer et au charbon.  Et puis un attroupement qui se fait « un peu un peu » juste à me voir dans la boutique.  Je suis, comment dire ?  Inquiète ?  J’sais pas trop si j’ai bien fait de venir quoi.  Je suis toute seule, à l’intérieur d’une petite boutique, au Quartier Terminus, et personne ne le sait que je suis là.  J’ai mon cellulaire au cou,  mais si quelque chose m’arrive ?  Je fais quoi ?  Le 911 ?  Mais bon, tentons le destin et voyons ce qui arrive !

Je ne vais pas raconter toute la scène dans la boutique, mais finalement, 45 minutes plus tard,  après m’avoir montré son catalogue des modèles,  et qu’aucun ne fait mon affaire et que je lui ai dis que ce n’est pas mon genre « les frisons »,  que je suis « une femme simple »  Hum Hum  et que je m’habille simplement !  Hum Hum Hum !  (excusez-moi  j’ai un chat dans la gorge quand je dis ça  lol).  Enfin, après un bla bla bla interminable,  on a conclu le marché.  Contrairement à PARTOUT mais vraiment partout ou j’ai acheté en Afrique, au Niger je ne négocie pas le prix.  Ou juste un peu.  J’en suis incapable.  J'sais pas, ça me gêne.

Le lendemain,  il y a un petit problème:  Alex revient sous mon palmier et il  me dit qu’Ibrahim n’a pas trouvé le tissu que j’avais choisi.  Alors je devrai retourner pour en choisir un autre.  Retourner ?  Tenter le destin encore ?  - Lundi matin vient me chercher et nous irons ensemble ?   

Je vous reviens donc avec la suite.  Aujourd'hui je vais acheter mes bananes...au "kiosque pas loin"   



13 mars 2015

Amadou... et Alex dit l'Artiste



Dans mon dernier carnet, j’ai mentionné une sortie au supermarché Marina avec le « Taxi-clim ».  C'est AMADOU –  Il est, pour le moment,  le « Chauffeur » de Monsieur « Le Patron ».

La sécurité et la prudence est primordiale à Niamey et sans contredit,  incontournable voire obligatoire.  Comme il n’est nullement question de se pointer sur un coin de rue pour héler un taxi comme on le fait partout ou on a vécu en Afrique ;  Le Patron a retenu un Taximan pour tout le séjour.  Il est « à son service » toute la journée, au prix de 30 000 francs par jour (65$), il reste là, devant le Ministère, et ne bouge pas tant que A. et R. lui demande de sortir.  À date, il va les reconduire le matin et les ramène à l’hôtel le soir.  Mais que fait-il toute la journée ?  Il lit son Coran, sous un arbre.  Il attend « Le Patron ».   Si j’ai besoin je peux l’appeler, mais comme j’ai peur de sortir d’ici, son numéro reste dans mes contacts de mon petit cellulaire.

Avant Amadou, il y a eu Diallo, un des taximans du Grand Hotel.   C’est avec lui que nous sommes allé au supermarché la première journée.  Avec lui aussi que dimanche matin nous sommes allés prendre le petit déjeuner au Gaweye.  Alors, lundi matin,  Diallo au « vieux Taco»  a reconduit et attendu A. et R. toute la journée, au Ministère.  Il espérant bien devenir LE chauffeur attitré de Monsieur A. mais, oh la malchance, enfin pour Diallo ;  le  vieux taco, il a rendu l’âme, drette-là au beau milieu de la rue, lundi midi!  Voilà les deux « dans’l’trafic », à une chaleur presque insupportable, et le plus inquiétant ici, il y a un attroupement qui commence à s’installer autour d’eux dont des gens en moto =  Danger !!!!  R. a peur, il panique presque.  Ils sont justes en face du resto La Cabane.  Avant qu’un drame arrive, ils y entrent et appellent  Amadou le Taxi-Clim, celui qui nous avait « promené » dimanche , de l’Hôtel Gaweye, au Supermarché et après Chez Amandine pour manger un sandwich.  Dorénavant, au grand malheur de Diallo mais au Bonheur du Patron et son Adjoint, c’est Amadou qui le remplace.

Un Taxi climatisé est préférable à tous.  C’est pour ça aussi que je l’appelle « Taxi-Clim » parce qu’à son prix, il met la climatisation.  Et perso, je crois que c’est plus sécuritaire, le fait d’avoir les fenêtres fermées. Ça empêche les mendiants de "nous toucher".   Et comme il y en a partout,  à tous les coins de rue, bienvenue la vitre entre eux et nous.   En plus, Amadou, il est sympa.  Hier, en allant au Supermarché ré-acheter de l’eau et des « produits de beauté » pour Madame Suzanne (Gel  douche et Lotion corps à l’Eau de Rose par exemple) il m’a dit, avant d’aller acheter mes bananes au kiosque à fruits, qu’il a choisi pour que je puisses avoir de « belles bananes » :   -  Ne paye pas plus cher que 500 ou 600 francs le Kilo. (1,15$).   Je ne connais pas du tout les prix encore.  Tellement pas, que par exemple, samedi dans au supermarché, (tenu par des chinois)  on a acheté 2 oranges pour 6750 francs, c’est-à-dire  15,60$    Oui oui oui  POUR 2 ORANGES.  Putain on s’est fait avoir…pi pas à peu près !  


Première SORTIE de Madame au quartier Terminus

C’est fait !  Je suis sortie ! 

Je ne pouvais pas rester scotcher sur ma chaise de la piscine.  J’en suis incapable.  Je n’aurais pas fait une bonne Nonne Cloîtrée quoi.  Mais il faut dire que c’est parce que j’ai trouvé « un ami ».

Depuis lundi, chaque matin, Alex dit l'Artiste, vient jaser avec moi à la piscine.  Il voudrait bien que j’aille voir ces « œuvres » :  des nappes en batik, des petites boîtes à bijoux en cuir, bref de l’artisanat nigérien.  Il voudrait bien que j’achète surtout.    Son kiosque est à gauche,  à la sortie de l’hôtel.  Mais je refuse à tous les matins. Il voit que j'ai peur de sortir.  –Mais, Madame Suzanne, il n’y a pas à avoir peur.  Il y a rien ici, c’est tranquille, et je serai avec toi.  La « bougeotte » me pique de partout, j’ai bien envi de lui faire confiance.  Alors, hier matin,  je lui dis :   – Il y a un kiosque à fruits pas loin ?  - Si si, y’en a un juste  à côté.  -  Et tu vas venir avec moi ?   - Bien sûr !    Je sais bien qu’en Afrique « juste à côté » c’est plus loin qu'on indique, tout comme c’est « juste à 10 minutes » en réalité c’est plus de 45 minutes.  Mais je n’ai plus de bananes.  Un petit-déjeuner sans bananes n’est pas un petit déjeuner.  Je dois aller m’en acheter.  N’écoutant que mon courage,  je monte me changer :   je mets une chemise à manches longues et des leggings longs aussi.  Un foulard avec ça?  NON!  Allons voir comment ça va se passer ?

Je me rends à la sortie de l’hôtel, la où les Gendarmes et l’Armée se trouvent.  Je me dis qu’ils vont me voir partir avec Alex et que si il y a danger ils vont m’arrêter ?  Hé bien non, ils m’ont laissé sortir du Cloître sans rien dire d'autre que : 
-   Bonjour Madame !  Bonne journée !   Et je vois Alex sur le coin il m’attends. 

1….2….3….GO !  Je fonce !

Nous traversons le rond-point, en se faufilant au travers des motocyclistes et des voitures.  J'active mon "radar" je regarde de tout bord tout côté.  Surtout les motos, avec ce que j’ai appris dernièrement,  je ne « truste » pas les motocyclistes.  Je me rends compte que le piéton n’a pas priorité, ce sont les autos-motos-camions-4x4 qui l'ont et que tu dois faire très très très attention pour ne pas te faire frapper et non seulement en traversant mais aussi en marchant sur la rue.  Tu te tasses ou je te frappe !  C’est ça le code de la route.  

Nous prenons une rue, et nous marchons, et nous marchons.  Elle n’est pas pavée la rue, elle est en sable.  Toutefois, elle est « pavée » de mendiants qui me quêtent.  Je pense que je n’ai jamais vu autant de mendiants de ma vie.  Comme je n’ai pas de « ferailles » (cennes en africain) je fais signe des deux mains qu’elles sont vides.  Mais Alex m’aide il s’en occupe aussi, il leur parle en Haoussa.  Et 10 minutes plus tard, me voilà devant le vendeur de fruits.  Et il  a de très belles bananes.  Et il me choisit les plus belles.  Et je n’ai pas à marchander, il me les fait aussi à 600 francs le kilo.  Même qu’il m’en met une de plus dans mon sac. C’est tellement dommage que je ne puisse pas prendre de photos.  Inimaginable de photographier la pauvreté et la misère.  Parce que c’est ce que je vois autour de moi. Mais les images que j’ai devant les yeux sont absolument époustouflantes.  Je suis en Afrique et dans toute sa splendeur, sa couleur et sa beauté.

On dirait que rien n’a changé depuis les années 1983, quand je vivais à Nioro du Sahel, c’était les mêmes décors et images.   J’ai le sentiment d’y être encore. Je suis émerveillée.  Touchée.  Et ça me fait du bien de voire autre décor que "mon cloître".  Voilà !   « Enwaye’à’maison » maintenant !